Intervention de Patrick Lapouze
Chef cabinet du Préfet de Loire Atlantique
au conseil municipal de la Chapelle Launay du 2 juillet 2010
J’interviens dans un souci de sécurité routière, comme directeur de cabinet du Préfet chargé des questions de sécurité dans toutes leurs dimensions, dont celles de sécurité routière qui ne sont pas les plus médiatisées, jusqu’à temps qu’il y ait des accidents graves. L’amélioration des infrastructures permet de réduire le nombre de personnes tuées chaque année sur les routes.
Or il existe des « points noirs » et celui de Beau-Soleil à la Chapelle Launay est l’un des plus étonnants du département, potentiellement très dangereux. Il provient d’une configuration résultant d’une histoire et d’une approche des choses remontant plus aux années 1970 qu’aux années 2010. Celle d’une deux fois deux voies séparées, avec une traversée à niveau et un dégagement à gauche sans zone de décélération et un passage couvert sous voie ferrée.
Certes est-il encore pratiqué, mais également de plus en plus évité, et il est assez miraculeux de n’avoir pas donné lieu à des accidents plus graves. Impossible de ne pas agir, pour des responsables que nous sommes, moi et vous.
Dès ma première visite dans la commune j’ai donc envisagé les conditions techniques de sa résorption, tout en mesurant que ce passage est très important pour la commune.
Face à l’urgence à agir, j’ai demandé des propositions rapides aux services de la DIRO. Il en est résulté deux hypothèses d’aménagement du passage Brière - Touche Basse.
- 1 – Un rond point, "riche giratoire", pas réalisable à court terme, du fait de son emprise foncière et financièrement coûteux (300.0000 €), donc pas envisageable avant plusieurs années, au moins trois ans dans une planification routière départementale à 5 ans.
- 2 – Un aménagement plus modeste, immédiat, pour mieux sécuriser le carrefour existant, en réduisant la vitesse d’accès sur la bretelle à 70 km, passant de 2 voies à seule, pour un budget possible à 30.000 € pouvant être dégagé immédiatement.
C’est une alternative immédiate à la fermeture de Beau-Soleil. Pour poursuivre la réflexion, elle aura une incidence sur les flux empruntant les voiries communales, avec une pénalisation financière par des charges non prioritaires et alourdies. A moyen terme, l’aménagement prévu au sud de Savenay, modifiera la problématique de traversée de la commune.
Les réactions de la municipalité
Autour du Maire, Jacques Dalibert, plusieurs élus interviennent ensuite - dont M.Gilquin, M.Judic et J-Y Martin - pour exprimer le point de vue de la municipalité, issu pour l’essentiel d’un groupe de travail Voirie Urbanisme (du 8 juin) et d’une Assemblée générale des élu(e)s (du 22 juin), qui peut se synthétiser ainsi :
La fermeture de la traversée routière à niveau de la double voie de la RN171, à hauteur de Beau-Soleil, désormais seule et unique traversée de ce type entre Saint-Nazaire et Nantes, voulue, annoncée et confirmée par la Préfecture, nous paraît certes fondée. Mais les circonstances et les conditions de cette fermeture ne sont cependant pas sans poser des questions qui doivent, dans le même temps, trouver aussi des solutions.
Le problème, vieux de 30 ans, aurait sans aucun doute pu être bien mieux résolu dès l’origine, en refusant à l’époque une telle configuration qui a perduré depuis. Avec la montée du trafic automobile, cette traversée n’est pas seulement devenue "anxiogène" pour les automobilistes, mais également gravement "accidentogène", une situation que la commune se doit évidemment d’envisager et d’assumer avec esprit de responsabilité.
Pour autant, cette fermeture annoncée vient durement contrarier les efforts de la nouvelle municipalité pour corriger le découplage communal déjà ancien entre Haute et Basse Chapelle par la double coupure de la RN171 et de la voie ferrée. Or, dans l’immédiat, les compensations et mesures d’accompagnement envisagées ne sont pas du tout à la hauteur d’une réponse satisfaisante au problème posé. Ni pour les agriculteurs, ni pour les entreprises, ni pour les habitants de Beau-Soleil et de la Basse Chapelle, même si la plupart se sont adaptés de longue date aux détours imposés par la simple prudence.
L’idée même de "fermeture" reste à ce jour ambiguë. L’interdiction de la traversée à niveau, n’implique pas nécessairement disparition du même coup soit de la sortie vers la Chapelle-Launay en venant de Saint-Nazaire, soit de l’entrée sur cette RN171 en sortant de Beau-Soleil. Des aménagements en ce sens : voie de décélération et d’accélération, réduction de la vitesse à 90 km/h - comme à Sem en Prinquiau - signalétique plus explicite pour les automobilistes en transit, doivent être examinés.
Et les aménagements immédiats nécessaires ne peuvent être à leur tour repoussés dans des projets à trop long terme, tels le "pôle structurant" de Savenay, ou la ZID (zone d’’intérêt départemental).
Quoi qu’il en soit, le rabattage de la circulation, consécutif à cette fermeture de Beau-Soleil, vers la traversée Brière – Touche Basse doit être immédiatement accompagné d’aménagements conséquents et adaptés. Or, l’aménagement a minima et au moindre coût (28.000 €) du carrefour existant sur la bretelle de sortie de la RN171 vers le rond-point de la Sablière, n’en est pas véritablement un et n’est pas suffisant. Certes, le ralentissement à 70 km est-il nécessaire. Mais la traversée reste marquée par l’insuffisance de la hauteur du tunnel de la Brière, d’une part, et par la configuration de l’accès au passage à niveau de la Touche-Basse, au profil en long chaotique, d’autre part.
Pour nous, la nécessité d’un rond-point reste donc entière. Son coût a été largement surestimé (300.000 €) par la DIRO, incluant des expropriations qui n’ont pas lieu d’être, s’agissant de terrains faisant partie de l’emprise routière de l’Etat.
Par ailleurs, le rabattage de la circulation sur la seule voirie communale ne peut être imputé au seul PAVC communal. S’agissant d’une décision certes légitime de l’Etat, celui-ci doit davantage aider la commune à en supporter au mieux les conséquences, y compris pour la création de voiries communales facilitant de part et d’autre l’accès à la traversée Brière Touche-Basse, par exemple au nord et le long de la voie ferrée, entre le Pré-Jodic et le PN de la Brière, remis en état par RFF, et dont la pérennité doit elle même être assurée et garantie.
Sans remettre en cause le bien fondé de l’interdiction de traversée à Beau-Soleil, la municipalité attend donc des aménagements de compensation autrement plus importants.
Conclusions
Patrick Lapouze indique que la commune aura le soutien de la préfecture, à court et à moyen terme. « Je m’engage à ce que la commune soit prioritaire et que cet effort soit pris en compte dans les années à venir, notamment à travers la DGE. Dans l’immédiat, j’engage les services à prendre date avec la commune pour rediscuter des détails du projet 1 d’aménagement à court terme. » dit-il, en soulignant "l’esprit constructif" de cette discussion.










